[RoadTrip] L'Ouest Américain

Entre le tumulte des villes et la quiétude des parcs nationaux, plus de 4500 km sur les routes mythiques de l'Ouest Américain !
Septembre 2014
20 jours
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Autrefois terre de conquêtes et aujourd'hui destination légendaire, le Grand Ouest est avant tout synonyme de liberté, c'est par définition le road trip par excellence !

Vivant à New York à cette époque, c'était l'occasion rêvée pour nous rendre sur la côte Ouest du pays et de concrétiser ainsi notre premier road trip :) Début septembre 2014 on s'envole donc pour San Francisco, point de départ et de retour pour notre voyage à travers l'Ouest Américain.

Pour vivre pleinement cette expérience nous avions choisi une Ford Mustang convertible, classique voiture américaine et assez accessible ici à la location (moins de 25€ par jour tout inclus dans notre cas). Pour ce qui est de l'hébergement nous avions opté pour les fameux motels sur la route, option la plus économique mais aussi la plus authentique, ou des logements Airbnb dans les grandes villes.

Avec un timing et un budget limités, il a été difficile mais nécessaire d'optimiser notre parcours. Nous nous sommes donc concentrés sur trois grandes villes (San Francisco - Las Vegas - Los Angeles) et trois parcs nationaux (Yosemite - Death Valley - Grand Canyon), ce qui nous permettait de traverser trois Etats (Californie - Nevada - Arizona) sur des routes mythiques (Route 66 - Highway 1).

Les itinéraires sont nombreux et nous gardons encore aujourd'hui l'envie de retourner dans cette vaste région pour tous les découvrir ! La qualité de certaines photos de l'époque laissant un peu à désirer, ce sera également l'occasion de renflouer nos albums photos ;)

Notre road trip final à travers l'Ouest Américain :

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Située à la pointe d'une péninsule bordée par l'océan Pacifique et l'immense baie de San Francisco, la ville est considérée comme la capitale culturelle de la côte ouest, avec un mode de vie que l'on veut presque européen et une population d'autant plus cosmopolite !

Notre voyage débute donc au coeur de cette métropole symbolique, très accessible et accueillante. Pour nous donner un premier aperçu nous nous rendons d'abord à Telegraph Hill où se dresse la Coit Tower, une tour de 65 mètres de haut qui offre un panorama spectaculaire sur la baie et la ville de San Francisco !

On redescend jusqu'à Fisherman's Wharf, le "quai du pêcheur" qui regroupe plusieurs jetées envahies par les boutiques, les restaurants, et les touristes.. On s'arrête tout de même observer l'amusante colonie d'otaries sur le Pier 39, et on savoure un bon plateau de fruits de mer sur le port !

On embarque ensuite pour découvrir cette fois la ville au large de la baie de San Francisco. D'ici on se rend vraiment compte de son relief singulier qui se dessine au fil des collines et des immeubles qui semblent alors comme descendre et monter sans fin ! Jusqu'à atteindre ensuite une célèbre prison...

Située sur un petite île au milieu de la baie, cerné par des violents courants glacials, le pénitencier d'Alcatraz (opérationnel de 1934 à 1963) était en effet réputé pour être impossible de s'en évader. Avec ses conditions d'incarcération d'autant plus dures, la prison fut rapidement destinée aux criminels les plus dangereux du pays, les plus célèbres étant Al Capone et Alvin Karpis. Dans l'entrée une affiche annonce "Break the rules and you go to prison, break the prison rules and you go to Alcatraz", tout est dit !

36 détenues ont essayé de s'évader lors de 14 tentatives différentes: 23 furent rattrapés, 8 furent tués et 5 s'enfuirent par la mer et ne furent jamais retrouvés. Officiellement donc, aucun détenu n'a jamais réussi à s'évader totalement d'Alcatraz en reliant le continent...

L'exploration d'Alcatraz, des cellules exigües aux pièces d'isolement sinistres en passant par la cantine vétuste, permet vraiment de s'immerger dans la vie des prisonniers. Une visite guidée par cassette audio rend cette atmosphère pesante encore plus réelle (témoignages de prisonniers et de gardiens à l'appui) !

De retour sur la terre ferme, on décide d'emprunter le "cable car" et la Powell-Manson Line qui relie le port au centre-ville, articulé autour d'Union Square. On peut ensuite se balader jusqu'à Chinatown, Financial District ou South of Market, des quartiers très animés et commerçants.

Traverser une partie de la ville sur le marche-pied du cable car, monter et descendre les collines au son du tintement de cloche, observer les gestes du chauffeur qui manie ce tramway d'un autre temps (en service depuis 1870), un moment atypique à ne pas louper :)

Le lendemain nous passons la matinée à flâner au Golden Gate Park, la coulée verte de San Francisco, où l'on peut visiter en autres le Japanese Tea Garden ainsi que le Conservatory of Flowers, des lieux enchanteurs ! On se rend ensuite près du City Hall pour récupérer notre voiture de location.

On s'arrête d'abord à Alamo Square, une place rendue célèbre par les Painted Ladies, une rangée de maisons victoriennes aux couleurs pastels qui donne en arrière-plan sur les gratte-ciel de Financial District, saisissant ! (malgré la rénovation en cours de l'une d'entre elles dans notre cas)

Aux alentours on découvrira au fil de la route les quartiers de Haight Ashbury et de Mission District, où les arts et les couleurs s'expriment sur les murs à travers de nombreuses fresques, l'un dans une tendance hippie et l'autre hispanique !

Puis on grimpe jusqu'à Twin Peaks, qui culminent à 280 mètres et offrent une vue imprenable sur San Francisco et sa baie. Le vent souffle fort mais ce panorama un peu embrumé de la ville en vaut la peine !

Le jour suivant on s'apprête à quitter San Francisco, mais non sans arpenter la célèbre Lombard Street, qui est vantée comme la rue la plus sinueuse du monde..

Il est temps enfin de prendre la direction de la sortie de San Francisco, et de son monument le plus symbolique ! J'ai nommé bien sûr le Golden Gate Bridge, deux pilonnes de 227 mètres de haut, 520 000 m3 de béton, 1 million de tonnes d'acier, 129 000 km de câbles et 2,6 km de chaussée à 67 mètres au-dessus de la mer ! Rien que ça... Sa célèbre couleur rouge vif nous capte instantanément.

Quel bonheur de s'arrêter d'abord à Fort Point, au pied du pont, pour mesurer sa structure colossale mais toujours élégante. Quel bonheur de traverser le Golden Gate Bridge, l'éternelle brume venant nous happer au passage. Quel bonheur de s'arrêter finalement à Vista Point, dans l'alignement du pont, qui nous offre une dernière fois une vue majestueuse.

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Notre point de chute pour visiter Yosemite National Park, Mono Lake et Bodie Ghost Town. Une toute petite bourgade au milieu de nulle part, qui permet de se mêler aux locaux et autres voyageurs, exactement ce que l'on souhaitait !

Nous quittons San Francisco et finissons par traverser la Stanislaus National Forest. La route serpente entre les arbres et les roches, elle descend et monte au gré de la montagne, et nous offre de premiers panoramas splendides... Un début de road trip prometteur !

Nous atteignons donc ensuite Bridgeport, une escale pour de nombreux motards également, qui remplissent l'unique bar le soir venu et savent mettre de l'ambiance ! Le lendemain matin ils sont d'ailleurs toujours d'attaque et chantent au bord de la route....

Nous avons fait le choix de cette ville pour ses prix abordables, les hôtels de Yosemite étant hors budget pour nous. Et nous avons beaucoup apprécié Bridgeport Inn, un établissement familial et convivial, kitsch à souhait mais tellement authentique (avec un très bon resto aussi) !

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Yosemite a été reconnu comme parc naturel national en 1890, protégeant ainsi les 3000 km2 d'espace sauvage au coeur de la Sierra Nevada, fruit d'un long travail d'érosion !

On entre enfin dans le vif du sujet avec l'arrivée au Yosemite National Park, qui promet déjà de belles découvertes... Le long de la Tioga Road, ou la "route des crêtes", qui traverse le parc d'est en ouest, on commence par profiter du calme de la prairie de Tuolumne Meadows, avant d'admirer la vue imprenable sur le Tenaya Lake. Rouler les cheveux aux vents au milieu de ces paysages grandioses nous procure tout de suite ce sentiment de liberté et d'évasion, qui ne nous quittera plus pour le reste de notre voyage !

Lors de la période glaciaire il y a environ 3 millions d'années, des glaciers se formèrent pour s'engouffrer dans les canyons de la Sierra Nevada et sculpter progressivement des vallées. Avec la fonte du dernier glacier il y a 10 000 ans, un lac s'y installa mais fini peu à peu par s'assécher, permettant à la végétation de s'épanouir et favorisant l'occupation humaine.

La vallée de Yosemite, joyau du parc, est ainsi nichée au pied de falaises de granit culminants à plus de 2000m et de chutes d'eau vertigineuses ! Comme les Yosemite Falls, trois cascades qui plongent de 739m et forment plus haute chute d'eau des Etats-Unis (lors de notre passage elles étaient à sec, la meilleure période étant bien sûr le printemps après la fonte des neiges). La balade dans Yosemite Village permet également d'en apprendre plus sur l'histoire du Yosemite et les tribus amérindiennes qui occupèrent le site.

On s'engage ensuite sur Wawona Road où l'on s'arrête à Tunnel View, qui domine toute la vallée de Yosemite et permet de se rendre compte de l'ampleur du canyon, désormais recouvert d'une épaisse végétation. Plus loin on bifurque sur Glacier Point Road qui mène au point de vue de Glacier Point, situé à 2200 mètres d'altitude, et son panorama exceptionnel sur le Half Dome et la vallée !

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Un lac d'origine volcanique, classé réserve naturelle et protégé depuis 1978, dont l'environnement singulier interpelle et les formations calcaires fascinent !

En arrivant à Mono Lake, le Visitor Center permet d'obtenir de premières informations historiques et géologiques sur la région. Puis un sentier permet d'accéder au bord du lac, avec tout le long des panneaux explicatifs sur la faune, la flore et la chaine alimentaire spécifiques du site.

C'est la South Tufa Area qui offre les paysages les plus incroyables avec les innombrables "tufas", des formations calcaires qui émergent de l'eau comme des colonnes pétrifiées ! Une pause très sympa et relaxante en cette fin de journée forte en émotions..

A partir des années 1940, les rivières alimentant le lac ont été déviées pour fournir en eau la région de Los Angeles, il a alors perdu la moitié de son eau et sa salinité a augmenté jusqu'à 2,5 fois plus que celle de l'océan. Il suffit de mettre les mains dans l'eau (ou carrément de se baigner à Navy Beach) pour les voir instantanément blanchies par le sel !

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Les Etats-Unis comptent encore quelques villes fantômes comme Bodie, transformée en State Historic Park pour préserver les bâtisses restantes, qui offre un véritable voyage dans le temps !

Un témoignage presque émouvant de l'époque de la ruée vers l'or et de la vie des habitants il y a maintenant plus de cent ans ! Lors de notre visite nous avions la chance d'être pratiquement seuls sur le site, nous permettant d'apprécier encore plus cette atmosphère mystérieuse...

Tout commença lorsqu'en 1859, William S. Bodey découvre une pépite d'or dans cette région désolée. La ville minière se développe rapidement, avec une population qui atteignit jusqu'à 9000 personnes et plus de 10 000 tonnes d'or extraites des mines ! Mais les conditions de vie sont rudes et Bodie a aussi la réputation d'être l'une des villes les plus dangereuses de l'ouest. Les mineurs et autres cowboys se retrouvent dans les nombreux saloons et bordels, le mélange d'argent et d'alcool engendre alors des règlements de compte récurrents.. Puis les mines s'épuisent et les habitants quittent progressivement Bodie, en 1932 un incendie ravagea la majeure partie de la ville qui est définitivement désertée dans les années 40.

Ici les bâtiments ne sont pas restaurés, simplement conservés et maintenus dans leur état d'antan. Maisons, magasins, église, école, mine, cimetière, on aperçoit un bout du quotidien de Bodie et on peut même entrer dans certains bâtiments, qui semblent tout juste avoir été abandonnés par leurs occupants..

Nous avons adoré déambuler entre ces édifices authentiques qui ne tiennent parfois qu'à quelques bouts de bois... Une immersion dans la vie du "Far West" comme on l'imagine :)

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La Vallée de la Mort, ce vaste désert au nom évocateur où le regard se perd dans l'immensité du paysage, où les routes paraissent sans fin et où la chaleur accablante domine !

Nous entrons dans la Death Valley par la Highway 190 qui traverse le parc, avec un premier arrêt à Stovepipe Wells Village, un complexe aménagé à la façon d'un ranch. Une pause indispensable pour se renseigner, faire des provisions ou le plein d'essence. Puis l'on s'engouffre enfin dans cet horizon infini...

D'une superficie d'environ 13 600 km2, la Vallée de la Mort est le vestige d'un lac asséché, dont le nom aurait été donné par un visiteur égaré dans cet environnement hostile. Classé parc national en 1994, une communauté d'indiens continue pourtant de revendiquer leurs terres.

On s'échappe de la route principale pour se rendre jusqu'à Badwater, le point le plus bas des Etats-Unis à 85,5 mètres en-dessous du niveau de la mer. On peut s'aventurer jusqu'à la bande de sel laissée par l'ancien lac, mais le panneau alertant sur le danger d'une chaleur extrême n'est pas là pour rien !

Il est 15h00 et la température extérieure affiche 125°F / 52°C !! Il n'est pas conseillé de se balader dans la vallée l'après-midi et on comprend désormais pourquoi, la chaleur est étouffante et on ne tient que quelques minutes dehors ! C'est une expérience en soi à vivre mais il faut bien sûr rester vigilant (nous avons croisé un cycliste, j'ai cru à un mirage...)

Au retour on emprunte Artist's Drive, une étroite route à sens unique qui serpente entre les collines, on est tous seuls et c'est vraiment génial ! Le point de vue Artist's Palette sur les Black Mountains offre en effet un dégradé de couleurs saisissant, qui proviennent des roches chargées de métaux oxydés.

De nouveau sur la Highway 190 on s'arrête à Zabriskie Point, qui mérite largement la montée qui se termine à pied sous des températures toujours aussi intenses. Car la vue sur les canyons escarpés qui se superposent les uns aux autres est simplement incroyable !

La route à perte de vue, qui se perd dans les chemins sinueux des montagnes avant de retrouver l'horizon linéaire des plaines.. On se sent totalement coupés du reste du monde, à la fois prisonniers de la chaleur mais libres au milieu de cette immensité !

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Ce n'est pas la capitale du Nevada, mais bien celle des grands hôtels-casinos et des excès ! Surnommée "Sin City" ou la ville du pêché, ici tout est fait pour en mettre plein les yeux.

Une immense ville comme posée en plein désert, un tourbillon de lumières et de dollars où les flambeurs du monde entier se retrouvent, une démesure qui n'a eu de cesse de se développer depuis les années 1940, Las Vegas reste à voir au moins une fois dans sa vie.

Le meilleur moyen d'apercevoir la folie de Las Vegas est de parcourir The Strip, cette portion du Las Vegas Boulevard de près de 4 miles qui constitue l'axe principal de la ville, où les plus grands hôtel-casinos rivalisent d'imagination pour offrir des décors aussi pittoresques que délirants !

Le soir de notre arrivée nous nous sommes tout d'abord rendu au bar-restaurant Rivea, dirigé par Alain Ducasse et situé au 64e étage de l'hôtel Delano, qui offre un panorama incroyable sur la grandeur de Las Vegas et l'opulence du Strip !

Quelques hôtels-casinos qui nous ont marqué: Luxor (une pyramide et le sphinx grandeur nature), New York-New York (reconnaissable à ses monuments emblématiques), Paris Las Vegas (dominé par la reproduction de la tour Eiffel), Bellagio (luxe et volupté, avec un joli spectacle de son et lumière sur le plan d'eau), Caears Palace (une immersion dans la Rome antique), The Venetian (un dépaysement à Venise).

Nous étions curieux de voir Las Vegas mais pas plus attirés que ça par cette ville, nous y avons donc passé une seule journée, le temps de profiter de la piscine de notre hôtel et de perdre quelques dollars aux machines à sous.. Cela était suffisant pour nous ;)

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Parcourir les tronçons restants de la Route 66 est un incontournable d'un road trip dans l'ouest Américain ! On retrouve encore l'esprit de cette route historique, un esprit de liberté et de solitude, un silence parfois rompu par les moteurs de Harley-Davidson, une expérience en soi !

L'US Route 66, aussi surnommée Main Street of USA, est une ancienne route américaine reliant Chicago dans l'Illinois à Santa Monica en Californie, traversant 8 Etats et 3 fuseaux horaires sur environ 2300 miles, soit 3700 km. Déclassée et n'ayant plus d'existence officielle depuis 1985, elle reste l'une des routes les plus connues d'Amérique et conserve un caractère mythique, aujourd'hui encore bien conservé.

Nous posons nos valises dans un motel de la petite bourgade de Williams dans l'Arizona, traversée par la route 66. "Porte d'entrée du Grand Canyon" (environ 1h de route), elle est également bien placée pour se rendre au Lake Powell (environ 2h30 de route), le tout nichée au milieu de paysages grandioses !

Williams est restée dans l'histoire comme étant la dernière ville traversée par la Route 66. En effet, c'est ici que la célèbre route a été contournée et fermée tardivement avec l'ouverture de l'Interstate 40 le 13 octobre 1984, un an avant son déclassement officiel.

Un parfum d'authenticité flotte dans la rue principale bordée de boutiques et restaurants, des hommes aux allures de cow-boys se mêlent aux hordes de motards qui viennent animer les lieux à la nuit tombée ! Un coup de coeur pour cette petite ville finalement pleine de charme !

Un copieux diner sur la terrasse du Cruisers Route 66 Cafe, avec en live un chanteur de country du coin. Un groupe de motards qui fini aussi par prendre le micro pour reprendre les plus grandes chansons américaines, tous les clients qui se lèvent pour chanter en choeur, une ambiance incroyable et un super souvenir !

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Le plateau du Colorado offre une multitude de parcs nationaux; comme Zion, Bryce Canyon ou Monument Valley; il a donc été très difficile de faire un choix pour une raison de timming, et nous avons finalement porté notre dévolu sur le fameux Grand Canyon et sa rive sud !

Nous nous rendons d'abord à l'aéroport de Tusayan pour un survol du Grand Canyon en hélicoptère ! Nous avions choisi la compagnie "Papillon" pour un vol de 50 minutes, j'ai même eu la chance d'être placée à côté du pilote et l'expérience fut incroyable !!

Notre moment le plus marquant: après avoir survolé quelques minutes une forêt verdoyante, on aperçoit enfin la silhouette des falaises ocre et or, jusqu'à ce que le sol se dérobe finalement dans le vide des immenses et vertigineuses gorges ! Un sentiment indescriptible d'admiration face à la majestuosité du Grand Canyon...

On admire le fleuve du Colorado serpenter sous nos pieds, celui même qui a creusé ce fabuleux canyon par son oeuvre d'érosion il y a des millions d'années. Il se distingue aussi par sa puissance à certains endroits, emportant une grande quantité de boue qui lui a valu son nom de "fleuve rouge" en espagnol.

D'une superficie de presque 5000 km2, le Grand Canyon fut reconnu par national en 1919, permettant aujourd'hui d'admirer la géologie unique du site. Les différentes strates visibles sur les flancs des roches représentent en effet une période géologique bien précise, celles situées au fond du canyon datant par exemple de plus de 2 milliards d'années !

Après cette expérience forte en émotions nous nous rendons au Grand Canyon Village, qui compte quelques édifices historiques et une gare en fonction depuis les années 1900. On trouve aussi le premier point de vue sur le Grand Canyon, Mather Point, où certains peintres n'hésitent pas à braver le vide !

C'est aussi le point de départ de plusieurs sentiers de randonnées comme Hermit Road vers l'ouest, facilement accessible à pied ou en navettes. Trailview Overlook, Maricopa Point, Hopi Point et Mohave Point offrent des panoramas à couper le souffle sur l'immensité du Grand Canyon, on ne s'en lasse pas !

Puis on reprend la route, plus précisément la Desert View Drive, qui longe le canyon et offre plusieurs points de vue, mais une mini tempête s'est abattue sur nous à ce moment là.. Le temps d'arriver jusqu'à Desert View Tower et le soleil refaisait déjà son apparition sur ce poste d'observation le plus haut de la rive sud, réalisé en respectant les arts de la communauté indienne des Hopis.

Au sommet de cette tour en pierre on découvre un panorama à 360° sur le Grand Canyon et le fleuve du Colorado, ces dégradés de couleurs chaudes sont presque réconfortantes, le silence règne, aucun mot ne peut rendre justice à ce paysage singulier !

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A la frontière de l'Arizona et de l'Utah, les eaux calmes et limpides de ce lac nous bercent jusqu'à nous emporter au coeur de ses étroits canyons !

Le Lake Powell est né en 1963, suite à la création du barrage Glen Canyon Dam sur le Colorado, près de la localité de Page. En arrivant on peut en effet apercevoir cet impressionnant barrage, conçu pour alimenter en eau et électricité les régions désertiques alentours. Le temps d'apprécier ces teintes orangées trancher avec le bleu profond du lac, on se rend ensuite à la Wahweap Marina pour un tour de bateau.

On se laisse donc porter jusqu'à Antelope Canyon dans sa partie émergée, dont le nom signifie "le lieu où l'eau coule à travers les rochers" en Navajo. Le bateau se faufile entre ces parois forgées par les crues torrentielles, on se demande même parfois s'il sera vraiment possible de passer tellement elles sont étroites ! C'est vraiment incroyable et on se sent tout petits face à ses roches abruptes et colorées !

Si ce lac artificiel mis 17 ans à remplir sa capacité totale, il failli déborder du barrage dans les années 80. Mais depuis, une exploitation intensive et une sécheresse marquée ont conduit à un niveau de l'eau de plus en plus bas, laissant une large bande blanche sur les rivages.

Nous voulions également visiter Lower Antelope Canyon, situé sur la réserve Navajo, qui permet cette fois-ci d'accéder à une faille dans le sol pour descendre à l'intérieur même de la gorge, mais un contre-temps nous malheureusement a contraint à y renoncer...

On reprend la voiture et en quelques secondes on se retrouve dans l'Utah, le temps de s'octroyer une pause baignade au Lone Rock Beach, où l'on se retrouve nous aussi seuls face à cet énorme rocher entouré d'eau ! Je m'en suis rapproché à la nage et c'était encore une fois assez impressionnant :)

Alors que le soleil commence doucement à se coucher sur le lac, on marque un temps d'arrêt à Scenic View, dont le panorama exceptionnel nous laisse de nouveau sans voix !

Sur la route du retour à Williams, on s'empresse d'atteindre Horseshoe Bend avant la tombée de la nuit. Après une courte marche on arrive au bord de la falaise qui surplombe cet incroyable méandre du Colorado en forme parfaite de fer à cheval (d'où son nom). La vue est spectaculaire, à 320 mètres sous nos pieds les eaux vert émeraude du fleuve contrastent avec le canyon ! Mais il ne faut pas avoir le vertige et rester vigilant, car le site n'est pas aménagé et il n'y a aucune barrière de protection.

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De son surnom "la Cité des Anges", cette mégalopole est sans conteste la capitale mondiale du cinéma et de la musique, évoquant aussi bien des destins glorieux que brisés. Ici on a finalement une étrange sensation de déjà vu, de déjà connaitre ces lieux emblématiques !

Après la traversée de près de 7 heures (!!) d'une partie de l'Ouest Américain, notamment via la Route 66, on est de retour en Californie où un réseau tentaculaire d'autoroutes nous souhaite la bienvenue à Los Angeles ! On profite ensuite du calme bien mérité de notre logement dans le quartier de Venice.

L'agglomération de Los Angeles s'étend sur plus de 100 km le long de l'Océan Pacifique, où se succèdent les stations balnéaires comme Santa Monica, l'ultime prolongement de l'historique US Route 66. On commence par se promener dans son centre animé et très agréable, au gré des rues piétonnes et commerçantes de Third Street Promenade et Main Street. Puis on continue jusqu'au front de mer et Santa Monica Pier, cette jetée offrant une jolie vue sur la côte !

On se rend ensuite à Venice, plus précisément à Venice Canal Historic District, ce petit espace résidentiel pittoresque délimité par des canaux, auxquels le quartier doit son nom. Jadis recouvert de marécages, ces canaux furent en effet creusés en 1905 par un entrepreneur s'inspirant de Venise en Italie. Désormais bordés d'allées fleuries et de demeures aussi différentes qu'atypiques, la balade est superbe !

Direction maintenant le quartier huppé de Beverly Hills, devenu au fil du temps le repère du luxe et des célébrités. De la célèbre Rodeo Drive et ses boutiques de créateurs aux collines très exclusives comme Bel Air, sillonner ces grandes avenues bordées de palmiers et de belles demeures est amusant ! Puis on continue jusqu'à Hollywood, autrefois bastion des studios et des flashs, désormais très touristique et un peu défraîchi, on s'arrête donc juste un petit moment sur le Walk of Fame.

En fin de journée on décide de prendre de la hauteur et de se rendre au Griffith Park, seulement nous ne sommes évidemment pas les seuls à avoir eu cette idée ! Après une heure d'embouteillages, on parvient à l'observatoire qui nous récompense avec une vue époustouffante sur Los Angeles, ainsi que sur les fameuses lettres blanches d'Hollywood au loin. On réalise alors l'ampleur de cette ville, symbole de la gloire à l'américaine, dont seuls émergent les gratte-ciels de Dowtown !

Nous voulions aussi nous arrêter à Malibu, et bien que nous n'ayons pas atterri sur la plage rendue célèbre par la série "Alerte à Malibu" :) nous profitons d'une pause ensoleillée dans un espace plus calme et sauvage que le reste de la côte de Los Angeles.

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Une route majestueuse qui longe l'Océan Pacifique en se faufilant entre les falaises abruptes et les criques de sable blanc, offrant des panoramas aussi époustouflants que différents !

Afin de profiter pleinement de cette route le lendemain, nous faisons une première escale à Morro Bay. Dans cette petite ville de pêcheurs, on admire le coucher du soleil sur la silhouette du Morro Rock, sommet d'un ancien volcan, au son des cris des otaries voisines !

Nous partons donc à l'aube sur la route CA1, qui promet déjà de belles surprises ! Le choc thermique entre les eaux froides du Pacifique et les terres chaudes des collines plonge alors la côte dans une brume mystérieuse, jusqu'à s'ouvrir peu à peu sur un horizon d'un bleu intense, c'est envoutant...

Nous traversons ensuite le Julia Pfeiffer Burns State Park, où un joli sentier rejoint la McWay Fall, une cascade qui chute de 25 mètres dans l'océan, une vraie carte postale ! Un peu plus loin Pfeiffer Beach permet une pause agréable sur cette plage battue par les vents.

Une journée splendide à rouler le long de cette côte escarpée, où la diversité des paysages nous a transporté dans des atmosphères singulières, tantôt idylliques et parfois plus sauvages, mais qui laissent toujours un souvenir indélébile !

On traverse ensuite le Bixby Creek Bridge, cet impressionnant pont des années 1930 qui semble comme se jeter au-dessus du canyon. Encore une fois, la vue est splendide !

En chemin nous en profitons pour déjeuner à Nepenthe, qui surplombe la côte depuis sa magnifique terrasse, et déguster un cocktail à Rocky Point dans un cadre somptueux !

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Dernier arrêt de notre road-trip, la péninsule de Monterey finira de nous enchanter avec ses bourgades atypiques et ses routes magnifiques !

La ville de Monterey prospéra à la fin du 19e siècle grâce à ses fonds très poissonneux, jusqu'à devenir la capitale de la pêche et plus particulièrement de la sardine... Si l'industrie a fini par s'effondrer suite à la surexploitation de ces fonds marins, Monterey a su conserver son charme marin !

Dans le quartier de Pacific Grove, on arpente d'abord Ocean View Boulevard qui épouse le littoral, puis on s'aventure sur Lighthouse Avenue, bordée de belles maisons de style colonial et victorien.

On s'engage ensuite sur la 17-Mile Drive, une route privée qui traverse l'un des plus riches quartier résidentiel de la côte ouest. On se laisse alors porter par cette route qui forme comme une boucle entre terre et mer, permettant également de relier Monterey à Carmel...

Un magnifique souvenir, celui de rouler au coeur d'une forêt de cyprès, avant d'atteindre un littoral rocheux ou une petite plage paradisiaque. Le panorama s'ouvre ici et là sur des paysages aussi différents que stupéfiants, bref on a adoré !

On arrive enfin dans la petite station de Carmel, qui doit sa notoriété aux nombreux poètes et écrivains qui y séjournèrent, comme Jack London, ou encore à l'un de ses célèbres maires, Clint Eastwood... Dans le centre les boutiques et restaurants bordent Ocean Avenue, tandis que le long de Scenic Road des villas somptueuses font face à la plage.. Un décor de cinéma qui ne laisse pas indifférents !

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Au-delà d'être un rêve de gosses, cette épopée à travers l'Ouest Américain était notre premier road trip en couple, il a donc une signification toute particulière à nos yeux ! Encore mieux que dans nos rêves de gosses justement, c'est sans aucun doute ce voyage qui nous a converti au mode "road trip" :)

* 4593 kilomètres de liberté *

Ce voyage sonne également la fin de notre année aux Etats-Unis et plus particulièrement à New York, juste le temps d'y retourner quelques jours et nous voilà de retour sur le Vieux Continent, une belle manière de clore cette aventure d'une vie....

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