[RoadTrip] Trésors du Yucatán

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Entre plages paradisiaques, vestiges mayas et villes coloniales; voyage haut en couleurs dans la culture mexicaine et vrai coup de coeur !
Novembre 2016
15 jours
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Le Mexique, pays évocateur de paysages contrastés; entre forêts et déserts, plages de rêve et sites mayas, grandes villes animées et petits villages; offre autant d'idées de voyages...

Pour notre premier périple en terres mexicaines nous avons donc jeté notre dévolu sur la Péninsule du Yucatán. Un classique, un incontournable presque, mais surtout un itinéraire que j'ai préparé avec grand plaisir, et qui s'est finalement concrétisé en véritable coup de coeur !

La Péninsule du Yucatán ne doit pas être confondue avec l'état du même nom. Elle comprend en effet trois États: Campeche, Quintana Roo, et celui du Yucatán. L'État du Quintana Roo a d'ailleurs un fuseau horaire différent (+1heure) par rapport aux deux autres régions.

Terre de contraste et vibrante de couleurs, au Yucatán on en prend plein les yeux ! Car s'il y a milles coins à découvrir dans la région, ils ne se ressemblent pas, et les couleurs y sont si vives et lumineuses que l'on ne sait plus où donner de la tête. La péninsule a aussi un patrimoine historique riche, autrefois terre de la civilisation maya dont les vestiges s'élèvent ici et là, il faut ajouter l'héritage des colons Espagnols avec leurs bâtiments coloniaux et autres haciendas. Bref, des routes chargées de cultures et traditions !

Nous nous sommes rendus au Yucatán début novembre et le temps a été idyllique du début à la fin, avec un taux d'humidité supportable. Puis surtout la saison touristique n'a pas encore atteint son apogée, de quoi découvrir les sites sous leurs meilleurs jours et loin du tourisme de masse !

Le coût de la vie est généralement abordable, il est par exemple facile de dénicher des petites adresses pour se régaler de spécialités mexicaines à bas prix. Personnellement nous disposions d'un budget assez confortable qui nous a permis d'avoir la chance de séjourner dans de beaux hôtels, mais l'offre d'hébergement est également très large sur la péninsule !

Nous avons loué une voiture pour explorer la région à notre rythme et les routes sont généralement en bon état, même si un 4x4 peut s'avérer utile pour sortir des routes principales. Malgré certains aprioris, nous nous sommes toujours sentis en sécurité dans la péninsule, la région est touristique et connue pour être plus sûre que d'autres, même s'il faut évidemment rester vigilant..

Je tiens à préciser que ma principale source d'inspiration pour ce road trip vient de Bestjobers, un superbe blog connu et reconnu d'un couple qui parcours le monde et nous offre une foule de bonnes adresses, des idées d'itinéraires et d'excellents conseils !

Voici donc l'itinéraire suivi lors de notre voyage au Mexique :

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Après un long voyage, nous voici enfin sur le sol mexicain, plus précisément à Cancún. Nous y passons la nuit, mais avons décidé dès le lendemain d'embarquer pour "l'ile des femmes".

Isla Mujeres, accessible via une petite heure de ferry seulement, nous permet une pause farniente avant de prendre la route. Premières quesadillas les pieds dans le sable, on se sent enfin en vacances :)

Décor de carte postale à Playa Norte la journée, ambiance chaleureuse le soir venu dans son centre-ville, l'ile nous enchante par son authenticité.

Dans une charmante rue pavée, Lola Valentina propose une délicieuse cuisine des caraïbes, ou bien sur le port, Bally-Hoo est idéal pour savourer les spécialités de la mer.

Moyen de locomotion très répandu sur l'ile, nous louons une voiturette de golf pour explorer l'extrême sud de l'ile, Punta Sur, où se trouvent les ruines de la Déesse Ixchel. Le contraste est saisissant, sauvage.

Isla Mujeres est, à mon sens, une destination où le tourisme n'a pas d'empreinte sur le charme naturel du site. Début novembre, période où la fréquentation touristique est encore raisonnable, est donc idéale pour découvrir l'ile sous son meilleur jour.. A noter également l'alternative Isla Holbox, à l'extrême nord de la péninsule et apparement plus tranquille.

Après cette escapade, il est temps de prendre la route pour découvrir les richesses de la péninsule...

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La Riviera Maya, zone côtière qui s'étend de Cancún jusqu'au sud de Tulum, est connue pour être l'une des plus belles du Mexique, et on comprend désormais pourquoi. Plages de sable blanc, eaux turquoise et palmiers sont en effet le quotidien ici...

Parenthèse sur les "Cé-no-té"

Les vrais trésors du Yucatán sont incontestablement les Cenotes. En effet, cette eau cristalline qui émerge des sols est un spectacle en soi. Il existe ainsi des milliers de cenotes dans la péninsule, de tailles et types différents, certains sous forme de grottes, d'autres totalement ouverts.

Les Cenotes sont des puits naturels d'eau douce, créés à partir de l'érosion du sol calcaire, qui son reliés à travers un complexe système de fleuves souterrains (pour faire simple). Un phénomène géologique unique au monde !Dans la culture maya, ils étaient considérés comme sacrés, porte de communication avec les dieux, lieux d'offrandes et de sacrifices..

Sur la Riviera nous avons choisi de nous arrêter au Cenote Azul. Celui-ci est complètement ouvert avec des couleurs magnifiques, mais lors de notre passage assez fréquenté. La baignade reste tout de même superbe, mais les photos ne reflètent malheureusement pas bien la magie du lieu.

Nous aurons l'occasion de nous rendre dans plusieurs autres cenotes durant notre voyage, pour l'heure on retourne à la beauté de la Riviera Maya, avec comme prochaine destination Tulum.


Lever de soleil aux Caraïbes

Réveil à l'aube à Tulum et premier cadeau, un lever de soleil spectaculaire sur la mer des Caraïbes. Ni les mots ni les images ne peuvent rendre justice à ces moments uniques.

Dégradé de couleurs au réveil

Piedra Escondida: seulement 9 chambres dans un style cabanes, vue incroyable sur la mer des Caraïbes, un bon restaurant sur la plage et en bonus une petite crique privée.

Piedra Escondida Hotel 

Nous avons également testé le Hip Hotel: plus grand et donc moins intimiste, mais tout aussi agréable avec ses chambres accès direct sur la plage.

Hip Hotel 

Tulum (côté plage) est un mélange de bohème et de chic, place donc au style "bobo" dans les hôtels et restaurants alentours, avec les prix en découlent... Mais à l'époque de la grisaille automnale en France, nous avons apprécié cette parenthèse enchantée de quelques nuits, les pieds dans le sable !

Mateo's Mexican Grill: au son d'un super groupe de musique live, mélange de salsa et reggae, avec de bonnes spécialités mexicaines à préparer soi-même, le concept est sympa.


Vestiges de Tulum

Puis direction le célèbre site archéologique de Tulum, où les vestiges de cette cité maya fortifiée surplombent une eau turquoise. Prévoyez un guide papier pour vous repérer et en apprendre un peu plus sur les différents bâtiments du site.

Nous nous rendons ensuite avec impatience à un rendez-vous au coeur de la réserve Sian Ka'an...

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Littéralement « là où nait le ciel » en langue maya, Sian Ka'an est une réserve naturelle et protégée au sud de Tulum, reconnue biosphère et inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.

Elle englobe plus de 400 000 hectares de marais, mangroves et une forêt tropicale. Les mammifères emblématiques sont le jaguar et le puma, mais le site accueille surtout une grande population d'oiseaux.


Une vraie rencontre

Rendez-vous avec Martine, notre guide du jour originaire du Québec et installée au Mexique depuis plusieurs années. Diplômée en anthropologie, elle a voyagé aux quatre coins des Amérique et va nous faire découvrir aujourd'hui le patrimoine culturel de la réserve biosphère de Sian Ka'an.

Notre super guide Martine

Nous avons eu le chance de découvrir Martine grâce à Best Jobers (encore!). Elle organise des excursions en petit groupe (6 à 8 personnes max) à la demi-journée ou à la journée dans la biosphère de Sian Ka'an, ce qui permet d'évoluer dans cette réserve en toute intimité.

Pour contacter Martine: martinedufour@hotmail.fr ou 9841663570.

Par manque de temps nous avons opté pour l'excursion à la demi-journée, c'est donc en début d'après-midi que nous rencontrons Martine et deux couples qui nous accompagnerons, en route pour Sian Ka'an !


Au coeur de la biosphère

L'expédition commence dans la jungle où nous nous enfonçons peu à peu, jusqu'à atteindre une tour d'observation s'élevant au-dessus de la canopée et offrant une vue imprenable sur la biosphère.

Martine en profite pour nous raconter toutes sortes d'anecdotes sur la faune et la flore environnantes, c'est une véritable passionnée et l'écouter est un pur plaisir

Survol de la canopée 

Puis nous atteignons le site archéologique de Muyil, une ancienne cité maya peu connue et pourtant dotée d'une histoire s'étalant sur 18 siècles. Martine nous compte les croyances de cette civilisation et le ces ruines nous transporte dans son histoire...

Au rythme de l'eau

L'expédition continue avec la traversée des lagunes de Muyil et Chunyaxche, ainsi qu’une partie du canal les reliant à la mer des Caraïbes. Martine nous explique que ce canal était jadis fréquenté par les mayas de l’époque précolombienne, mythique donc !

Sur les traces des mayas

L’aventure se termine par une séance de "flottaison" sur ces eaux limpides, entendez par là vous laisser porter par les courants du canal, confortablement assis sur vos gilets de sauvetage, le temps de partager un moment unique de sérénité, comme un arrêt dans le temps.

C'est sans aucun doute l'expérience à vivre sur la péninsule du Yucatán, loin des circuits touristiques et en contact direct avec la nature, Martine nous a touché par son honnêteté et son rapport à l'environnement qui nous entoure, une passion et une joie de vivre communicatives, un seul mot: MERCI !

C'est donc le coeur serré que nous quittons Martine et nos compagnons d'un jour, mais le voyage continue !

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La lagune de Bacalar est surnommée ainsi pour ses eaux cristallines dont la tonalité turquoise varie selon l'endroit !

Ce sera pour nous l'occasion d'une étape d'une nuit sur la (loongue) route pour Campeche, juste le temps d'apprécier les premiers rayons de soleil balayés les rives de la lagune.

Lueurs de l'aurore

Bacalar Lagoon Resort: le nom est trompeur car l'endroit ressemble plutôt à un petit village avec ses cabanes individuelles, ça a son charme. Le réveil sur les rives mêmes de la lagune est plus qu'agréable, rien de luxueux mais il n'en faut pas plus !


Le site est assez excentré, environ 40 minutes de la ville de Bacalar, dont 10 minutes d'un chemin sinueux et escarpé, mais du coup on se senti vraiment seuls au monde !

De plus l'accès de la route principale est assez mal indiqué, surtout si on arrive de nuit comme nous, on a tourné en rond pendant plus d'une heure...

Bacalar Lagoon Resort 

Nous n'avons pas eu le temps de visiter les alentours, mais la lagune est un appel à la baignade, des excursions en bateaux sont possibles, tout comme la location de kayaks comme proposée à notre hôtel. Il y a également des cenotes à découvrir, bref probablement de quoi s'attarder un peu plus...

A noter, sur le trajet Bacalar / Campeche, un arrêt d'une ou deux nuits est conseillé dans la réserve biosphère de Calakmul, où se trouvent les vestiges d'une des plus puissantes cités maya de l'époque, et ce dans une jungle luxuriante. Avec le recul je regrette de ne pas avoir pris le temps d'une nuit dans cette réserve, ce sera pour une prochaine fois !

C'est parti pour 6 heures de route qui secoue et qui vont nous paraitre une éternité, mais notre relative patience va payer avec la découverte d'une autre facette de la péninsule :)

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Nous quittons les plages paradisiaques du Quintana Roo pour rejoindre les côtes ouest de la péninsule et l'Etat de Campeche, où l'histoire du Mexique nous rattrape et nous happe.

Une authentique capitale provinciale

Ah Campeche, ses ruelles pavées, ses belles maisons aux couleurs vivantes, sa cathédrale blanchâtre qui tranche avec le bleu du ciel... Un coup de foudre pour cette ville coloniale et son centre fortifié, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco.

Chef d'oeuvre de l'architecture coloniale 

Bref historique: Les conquistadors Espagnols mirent un quart de siècle à conquérir cette région maya, et à fonder au XVIe siècle la ville coloniale San Francisco de Campeche. Elle prospéra et devint le principal de port de la péninsule, attirant la convoitise des pirates. Après plusieurs attaques, les fortifications furent érigées à la fin de XVIIe siècle pour la protéger.

Nous nous intéressons à l'histoire de la péninsule et du Mexique en général, c'est passionnant. Je ne veux pas déboucher sur un exposé d'histoire-géo alors je vous laisse la découvrir au grès de vos visites et de vos lectures ! Et puis ici l'histoire se vit à chaque coin de rue, elle s'exprime à travers le patrimoine architectural de la région, fruit de la rencontre entre les civilisations précolombiennes et espagnoles.

De l'apogée de la civilisation maya, que l'on peut deviner au travers les vestiges restants; à la conquête difficile du territoire par les Espagnols, dont l'empreinte est encore présente; en passant par les révoltes indiennes et l'indépendance, jusqu'à la guerre des castes et la révolution; la péninsule est chargée d'une histoire mouvementée, d'une culture riche et variée.


Hacienda Puerta Campeche, demeure de caractère

Hacienda Puerta Campeche: appartenant à un groupe de 5 haciendas exclusives dans la région sous la marque The Luxury Collection, ce boutique-hôtel unique en son genre mérite amplement le détour si votre budget le permet. Nous aurons également le plaisir de dormir dans une autre hacienda de la collection par la suite, un petit coin de paradis...

Hacienda Puerta Campeche 

Située dans le centre historique de Campeche, l'hacienda est née de la restauration de plusieurs demeures datant du XVIIe siècle, bâties par les riches Espagnols pendant l'âge d'or de la ville et recréant ainsi la belle époque mexicaine. Une palette de couleurs vives et un assortiment de textures variés caractérise l'Hacienda Puerta Campeche, explorant le style de vie traditionnel allié au luxe moderne.

Jaune, bleu, rouge, et vert

Le service attentif est à la hauteur de la beauté des lieux, avec un tas de petites attentions personnelles. Les chambres sont spacieuses avec de hauts plafonds et poutres apparentes, le sol carrelé rouge et blanc, le style est résolument rétro, la touche maya côtoyant l'esprit colonial.

Le petit plus, cette piscine atypique qui ondule entre l'intérieur et l'extérieur, qui serpente entre alcôves secrètes et fenêtres ouvertes sur un monde luxuriant de beauté.

Cette demeure nous transporte dans l'ambiance même Campeche, une ville aux couleurs vives mais dont la douceur de vivre est sans égal. Cette étape de notre voyage est celle qui confirme notre coup de coeur pour cette péninsule aux milles et uns visages..

De retour sur la route et de retour aussi en terre maya pour une belle claque !

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Nous atteignons l'Etat du Yucatán et empruntons la Ruta Puuc qui serpente entre les collines, reliant plusieurs zones archéologiques et formant l'un des centres de la civilisation maya.

La plus grande cité maya de la région était Uxmal, aujourd'hui inscrite au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco, qui exerça son pouvoir durant quatre siècles, de 600 à 1000 après J-C. Son nom signifie "bâtie trois fois" en langue maya, mais la cité fut en réalité édifiée à cinq reprises !

En terre maya 

Uxmal témoigne des talents et de l'ingéniosité des mayas à survivre dans un environnement aussi sec et hostile, avec un style architectural Puuc reconnaissable aux pierres taillées en forme de mosaïques harmonieuses et géométriques.

En arrivant sur le site, nous sommes tout de suite frappés par la Pyramide du Devin, haute de 39 mètres et à la forme ovale inhabituelle. Petite anecdote: les marches des temples se gravissent toujours en diagonale, pour ne jamais faire face au dieu ni lui tourner le dos !

Le Palais du Gouverneur signe l'apogée du style Puuc, avec ses riches façades longues de 100 mètres, l'ascension des quelques marches offre une vue imprenable sur les vestiges de la cité maya, la pyramide surplombe la forêt alentour, majestueux !

On fini la visite du site par la vaste Quadrilatère des Nonnes, édifice de 74 pièces pour lequel les archéologues divergent quant à sa vocation; académie militaire, école royale ou palais.

Bref Uxmal est une belle surprise, beaucoup moins touristique que Chichén Itzá, le calme des lieux permet ainsi un véritable saut dans le temps !

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En quittant Uxmal, nous reprenons la direction du nord et empruntons les petites routes pour nous enfoncer toujours plus dans la campagne mexicaine.

Ici pas de circuits touristiques, on oublie le GPS pour se perdre et aller à la rencontre d'un nouveau visage de la péninsule, la face cachée du Mexique !

Hors des sentiers battus

Une grande partie de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, et si une majorité s'est concentrée dans quelques grandes villes de la péninsule où le tourisme est moteur de l'économie, il faut sortir des sentiers battus pour apercevoir une réalité bien différente.

On traverse ces villages parfois faits de bric et de broc, certains habitants nous font un signe de la main quand d'autres nous regardent d'un air méfiant, nous continuons notre route en toute discrétion à la découverte des cenotes de la région...

Cenote Kankirixche

Sur la route 261, il faut prendre la direction d'Abalá, traverser ce petit village et prendre un chemin de terre pendant une dizaine de minutes pour accéder à ce cenote perdu au milieu de nul part. Loin des sites aménagés et bétonnés, c'est une famille mexicaine (du grand-père au petit-fils) qui nous accueille et nous fait payer un petit droit d'entrée, comprenant des gilets de sauvetage.

Un étroit escalier en bois nous mène dans les entrailles de cette petite grotte, où les stalactites semblent plonger droit dans l'eau cristalline qui émerge comme par magie des sols calcaires. Une pause aussi rafraîchissante qu'étonnante !

L'accessoire indispensable lors de votre séjour, une paire de masque et tuba ! Que ce soit pour explorer les fonds marins caribéens, ou la profondeur de certains cenotes (parfois effrayantes), n'oubliez pas d'en prendre dans votre valise ou d'en acheter une fois sur place :)

Cenotes X-Datun & Dzombakal

Toujours sur la route 261, un peu plus au nord direction San Antonio Mulix, point de chute pour accéder aux cenotes également loin du tourisme de masse. L'environnement est sauvage et chaleureux à la fois, pourtant même ici on retrouve des bâtiments à l'effigie de la célèbre marque de soda !

Possibilité de louer des vélos ou un quad pour parvenir à ces deux cenotes, l'un complètement ouvert et l'autre sous forme de grotte, mais tous deux avec un dégradé de turquoise saisissant.

Il y d'autres cenotes dignes d'intérêt dans la région si vous avez le temps, notamment ceux de Cúzama et ceux de Pixyá, je vous renvois à l'article de BestJobers pour en savoir plus...

C'est au milieu de cette campagne détonante que nous allons passer la nuit dans une hacienda somptueuse, l'un de nos plus beaux souvenirs...

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Trésor niché au fond du Yucatán, l'Hacienda Temozón se mérite. Cachée derrière une épaisse végétation, l'entrée de la propriété dévoile déjà toute sa grandeur !

L'hacienda a retrouvé ses lettres de noblesse d'antan, mêlant les plaisirs de l'hôtellerie haut de gamme à la découverte de son passé industriel florissant !

Allée majestueuse

Hacienda Temozón: toute comme celle de Campeche, l'hacienda est gérée sous la marque The Luxury Collection, c'est une petite folie financière que de séjourner ici, mais l'expérience fut au-delà de nos espérances !

Hacienda Temozón

Petite histoire de l'Hacienda

Enregistrée pour la première fois en 1655, l'Hacienda Temozón n'était d'abord qu'un petit ranch familial, dont l'ancêtre était tout de même Montejo, conquérant du Yucatán.

Ce n'est que dans la deuxième partie du XIXe siècle que le site est transformé en hacienda pour la culture du Henequén, ou Sisal, plante dont les fibres permettent des cordages résistants, qui étaient alors exportés dans le monde entier. Cet "or vert" transforma la péninsule du Yucatán en une puissance financière importante.


Mais ce sont surtout les colons, gros propriétaires terriens, qui contrôlaient le marché et firent fortune. Le siècle qui suivi fut marqué par les révoltes des petits propriétaires, soutenus par les ouvriers agricoles dont les conditions de travail étaient parmi les plus oppressives du Mexique.



La production de sisal déclina finalement peu à peu à partir des années 50, avec notamment l'apparition de nouveaux substituts synthétiques. Les propriétaires abandonnèrent les terres, et les haciendas furent laisser à l’abandon.


Puis des aventuriers financiers du XXe siècle se sont lancés corps et âmes dans la restauration de ces propriétés agricoles, les transformant en demeures privées ou en véritables hôtels. L'Hacienda Temozón en fit l'expérience en 1996, offrant désormais un confort de qualité au sein des ses bâtisses somptueuses.

On apprendra que l'hôtel joue un rôle important dans l'économie locale, source de travail pour les habitants, en collaboration avec les associations du coin et avec le respect dû aux règles environnementales. De quoi apaiser un peu notre léger sentiment de culpabilité face à tant de luxe dans une région plutôt défavorisée...

Source de bien-être

Des jardins luxuriants, une piscine démesurée et des couleurs pétillantes, voici la vue dont l'on peut profiter dès le petit-déjeuner. Douceur de vivre quand tu nous tiens !

Baignade dans la superbe piscine et séance de massage maya dans l'antre même du "Cenote del Spa" de l'hacienda, la relaxation semble être le maitre mot de ces lieux.

Vous l'aurez compris nous sommes tombés amoureux de cette hacienda, une propriété chargée d'une énergie particulière. Difficile de quitter cet endroit...

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La Ruta de los Itzáes nous emmène désormais plus au nord de la péninsule, dans des bourgades qui mélangent toujours aussi subtilement le style colonial aux inspirations mayas !

Mérida, la cité blanche

Surnommée la cité blanche, Mérida est la capitale commerciale du Yucatán et la plus grande ville de la péninsule. Fondée sur la cité maya de T'ho mais profondément ancrée dans l'histoire coloniale, ce sont ses rues étroites et ses larges places qui la caractérise, ainsi que la diversité de sa population.

Pourtant, cette ville ne nous a pas convaincu, trop grande et trop bruyante à notre goût. Après déjà plusieurs jours sur les routes mexicaines en pleine nature, ce retour à la civilisation est surement trop brutal. Nous préférons écourter notre séjour à Mérida et changer nos plans.

Ceci n'est que notre ressenti personnel, la ville a certainement un charme que nous n'avons peut-être pas su apprécier à sa juste valeur...Elle peut également être le point de départ d'une excursion à Celestún, réserve protégée de la côte ouest qui attire les flamants roses.


Izamal, la ville jaune

Izamal, l'un des plus beaux villages de la péninsule, dont les bâtiments jaunes charment immédiatement, nous sommes comme hypnotisés !

Des rues ensoleillées

Izamal illustre de façon très visuelle l'affrontement entre les cultures maya et espagnole.

Ce fut autrefois une cité prospère et un important centre religieux, dont les temples étaient dédiés au culte d'Itzamná, dieu suprême des Mayas, et au dieu du soleil, Kinich Kakmó.

Puis les colons Espagnols imposèrent leur architecture coloniale pour bâtir une nouvelle ville. Ainsi aujourd'hui, les pyramides mayas, bâtiments coloniaux et constructions modernes coexistent, ce qui vaut à Izamal d'être surnommée "la ville des trois cultures" !

Lorsque les Espagnols conquirent Izamal et comme pour asseoir leur pouvoir, ils détruisirent une pyramide maya et employèrent ses pierres pour ériger l'un des premiers monastères de l'hémisphère ouest, c'est le Couvent de San Antonio de Padua (1553-1561) qui s'élève désormais au coeur de la ville.

Des tours de calèche sont proposés, en compagnie de chevaux coiffés de chapeaux loufoques, permettant de profiter de la tranquillité des rues de la ville jaune..

La route continue vers la merveille de la péninsule, un site évidemment très fréquenté mais qui mérite sans hésitation un arrêt pour apprécier sa splendeur, accompagné de ses histoires et légendes passionnantes..

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Chichén Itzá est la zone archéologique la plus célèbre de toute la péninsule, cataloguée au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco en 1988, et élue comme l'une des sept nouvelles merveilles du monde en 2007 !

Le nom de Chichén Itzá a deux origines, la nature qui l'entoure et un des peuples qui l'a habité: "Chi Chén" qui signifie bouche du puits en maya, rapport au cenote près duquel le site est bâti, et "Itzá" qui provient du peuple des Itzáes qui a occupé la cité autrefois.

Génie Maya 


Un passé millénaire

Chichén Itzá demeure encore aujourd'hui à plus d'un égard une énigme, notamment quant à sa chronologie. Le site aurait connu l'apogée de la civilisation maya entre 250 et 900 après J-C., puis la migration des guerriers Itzáes, fuyant la région centrale de Mexico, au cours du Xe siècle.

Parmi les ruines de la péninsule, Chichén Itzá a la spécificité d'offrir une fusion entre le style architectural Puuc et celui de la culture Itzáes. Ils introduisirent notamment le culte de Quetzalcóatl (ou Kukulcán en maya), serpent à plumes dont les représentations côtoient ainsi celles du dieu maya de la pluie, Chac.

A partir de l'an 1000, la civilisation maya entra dans une période de déclin culturel et politique, puis la cité fut progressivement abandonnée lorsque les Espagnols conquirent le Yucatán dans les années 1530. Envahie par une végétation épaisse, Chichén Itzá sombra dans l’oubli, jusqu’à sa redécouverte en 1843.


Les mystères mayas

Les recherches archéologiques menées à Chichén Itzá ont permis de mettre en lumière l'ingéniosité maya, à commencer par leurs connaissances très approfondies des cycles solaires !

En arrivant sur le site, on est tout de suite subjugué par la grandeur de la Pyramide de Kukulcán, ou El Castillo, haute de 24 mètres, véritable représentation en pierre du calendrier maya:

91 marches x 4 versants = 364 marches

+ 1 plateforme au sommet = 365 marches = 365 jours de l'année

Un phénomène extraordinaire arrive alors aux équinoxes de printemps et d’automne, c'est "la descente du Kukulkán". Les rayons du soleil viennent éclairer les bords angulaires de la pyramide et projettent sur l'escalier nord une ombreuse sinueuse, qui descend au fil des heures jusqu’à se confondre avec la tête de serpent en pierre, située au pied des marches. Le Dieu du serpent à plumes est de retour sur terre...

L'acoustique du site est une autre énigme: un simple claquement de mains produit un écho sonore et prolongé. Sur le Gran Juego de Pelota, une conversation peut s'entendre d'un bout à l'autre de ce vaste terrain de jeu de balle, soit à 135 mètre de distance. Essayez c'est étonnant !

Un long chemin permet aussi d'atteindre un immense puits naturel, le Cenote Sagrado, bassin de 35 mètres de profondeur dont les parois sont désormais couvertes de végétation, mais qui était autrefois sacré et considéré comme l'entrée de l'au-delà souterrain. On a longtemps pensé que les récits de sacrifices humains n'étaient que des rumeurs, jusqu'à ce que des fouilles mirent à jour des centaines d'objets précieux qui reposaient au fond du cenote, ainsi que les ossements des victimes...

Nous admirons une dernière fois cette pyramide impressionnante, tant par sa taille que par les légendes qu'on lui attribue, et continuons notre route vers la ville voisine.

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Petite ville qui a su préserver son aspect colonial et réputée pour sa douceur de vivre, une ambiance de quartier émane des rues couleurs pastel de Valladolid, une pause agréable !

Cenotes d'exception

L'attraction principale est le Cenote Zací, 29 mètres de diamètre, trou béant et bassin naturel d'eau douce, en plein coeur de la ville ! Zací signifie "épervier blanc" en maya, c'était le nom de la ville préhispanique et centre de cérémonie maya sur laquelle les Espagnols fondèrent la ville de Valladolid.


Le site est très bien préservé, loin des cenotes goudronnés, ici la nature garde ses droits ! Contrairement à ce que nous avions pu lire ici et là, l'eau était étonnement pure pour un cenote en plein centre ville. Après une baignade rafraîchissante sous les chutes d'eau, vous pouvez même déjeuner au restaurant dont la vue est imprenable sur ce trou géant...


Plus au sud de Valladolid, il y a également les Cenotes X'kekén et Samulá, surnommés Cenotes Dzitnup, qui ont la particularité d'être sous forme de cavernes, accessibles par des escaliers souterrains. Une ouverture dans le sol permet d'entrevoir le ciel et de laisser un flux de lumière naturelle entrer dans la grotte, nager au plus près de ces longues stalactites millénaires procure un sentiment particulier !

L'ambiance est très différente, site ultra touristique et très aménagé, où l'on est constamment interpelés par des vendeurs ambulants, mais les cenotes n'en demeurent pas moins remarquable.

Shopping et gastronomie

La ville offre de nombreuses adresses abordables, le choix a été difficile parmi tous ces B&B authentiques, mais nous avons été ravis de notre halte au Casa Tía Micha: un établissement familial avec un accueil attentionné et chaleureux, on se sent comme à la maison !

Casa Tía Micha

Le soir venu nous nous baladons dans les rues de Valladolid, où l'on trouve de superbes boutiques, de l'artisanat mexicain de qualité, c'est ici que nous ferons la plupart de nos achats / souvenirs :) Nous arrivons jusqu'à la place principale qui nous rappelle que la ville est également un haut lieu de l'histoire mexicaine, car c'est ici que débuta la guerre des Castes en 1849, ainsi que la révolution mexicaine en 1910.

Sur cette place se trouve le restaurant de l'hôtel El Mesón del Marqués: on mange dans la cour d'un manoir colonial au son d'une guitare acoustique. Crevettes flambées sous nos yeux, ceviche de poulpes et autres spécialités, beaucoup de choix pour un bon rapport qualité/prix.

El Mesón del Marqués 

Valladolid est également un point de chute idéal pour une excursion d'une journée dans une réserve située plus au nord, avec pour promesse de la faune, de la flore et du rose en pagaille !

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Déclarée réserve de biosphère en 1979, le parc naturel de Río Lagartos est surtout prisée pour l'observation de nombreuses espèces d'oiseaux !

Le site est en effet connu pour accueillir de nombreux pélicans, cormorans, hérons et tant d'autres, mais surtout des colonies de flamants roses ! Mais il ne faut également pas manquer son étonnant lac rose...

Sur le pont

Parque Natural Río Lagartos

Nous nous rendons au petit village de pêcheurs de Río Lagartos, situé au nord de Valladolid à environ 1h30 de route. On a la chance de trouver un bateau rien que pour nous, et même si la communication avec le pilote, un local, est un peu compliquée, il va nous faire découvrir les beautés du site en toute intimité !

Nous apercevons tout de suite nos premiers flamants roses, ils ne sont pas nombreux à cette période, mais leurs couleurs, du blanc, des rosés, du corail, nous émerveillent déjà !

La coloration du plumage des flamants roses vient d'ailleurs de leur alimentation, des crustacés riches en carotènes.

L'horizon s'enflamme lorsque ces oiseaux prennent leur envol, majestueux, ils effectuent un vrai ballet, comme s'ils dansaient sur l'eau !

On continue de naviguer sur la lagune, aux détours des mangroves on admire cette faune et flore encore une fois préservée et protégée du tourisme de masse, c'est relaxant. On atteint progressivement les rives du Golf du Mexique, là où lagune et mer se rencontrent, là où des centaines d'oiseaux se regroupent..

Las Coloradas

De retour sur la terre ferme, direction Las Coloradas, village minier spécialisé dans l'extraction du sel. Au milieu de ces montagnes de sels, les nuages se mélangent aux reflets roses du lac, le décor est féérique ! Quelques flamants roses se posent parfois même sur la lagune, un ton sur ton magique...

Mélange de reflets

La pigmentation de Las Coloradas est due à un phénomène tout à fait naturel, une forte concentration de micro-organismes marins contenant du carotène (là encore!).

C'est au milieu de ces dégradés de rose que notre voyage arrive malheureusement bientôt sur sa fin...

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Du rose, du rouge, du jaune, du bleu, du vert, toutes ces couleurs qui ont rythmées notre route ! Du littoral de la péninsule à ses villes coloniales, en passant par les cités mayas et leurs cenotes, des tonalités différentes qui ont toutes su nous charmer et nous faire voyager dans l'espace comme dans le temps !

Dernier lever de soleil au Mexique 

Retour sur la Riviera Maya, la boucle est bouclée, à Playa del Carmen. Station balnéaire festive, elle est à mi-chemin entre Cancún et Tulum, tant géographiquement qu'au niveau de sa fréquentation. Le centre-ville est très animé le soir, mais très touristique aussi. Pour une succulente paella sur la terrasse d'une rue piétonne agréable, rendez-vous au Mar de Olivos !

A la foule de la ville nous préférons la tranquillité de notre dernière petite folie, Le Reve Hotel: tout est dans le nom, un séjour tout simplement idyllique...

Le Reve Hotel 

Le temps de profiter de nos derniers jours sous le soleil mexicain, accompagné d'un bon bouquin et de pauses snorkeling, le temps d'un dernier petit-déjeuner et déjà se remémorer ces 15 derniers jours..

* 2031 kilomètres de pur bonheur *

J'espère en tout cas que ce carnet donnera à d'autres autant envie qu'à nous de découvrir ou re-découvrir cette Péninsule du Yucatán, riche en découvertes !